L’histoire du Château de Pont-Rilly

Un Manoir au XVIIème siècle

Un premier manoir, assez modeste, a dû se constituer au temps de Richard Le Cesne, bailli de Cotentin de 1577 à 1590 ; Sa veuve, Isabelle du Parc, fait fondre la cloche de la chapelle après 1591.

Leur fils René Le Cesne, bailli de Cotentin, mort en 1635, fait probablement aménager un manoir Louis XIII, centré sur un escalier à balustres. Ce manoir se maintient jusqu’en 1765, peut-être avec l’addition d’une « aile » probablement peu importante.

Les transformations du château sous la direction de Lozon

En 1765, Hyacinthe-Paul-Charles de la Houssaye, marquis d’Ourville (1708 – 1790), marié avec Ambroisine Doisnel de Montécot, charge Pierre-Raphaël de Lozon, architecte né à Saint-Lô vers 1731, de transformer le château : 2 pavillons, avant-corps central, réfection de l’escalier, lambris, plan des bâtiments de la basse-cour.

Lozon réalise, de 1765 à 1769, la construction de deux pavillons et de l’avant-corps, la réfection de l’escalier et, probablement, la confection d’une partie des lambris. Mais le propriétaire cesse de lui faire confiance et change d’architecte.

Lozon meurt le premier juin 1771, à l’âge de 40 ans, dans l’hôtel de Beaumont à Valognes, qu’il est en train de construire.

L’intervention des Parisiens

Le Marquis d’Ourville fait appel à Nicolas Durand, architecte de l’intendance de Champagne, né à Paris (1739-1830) qui lui envoie un plan de la Basse-Cour et lui fait faire des lambris pour son salon par un sculpteur parisien Feuillet.

La Basse-Cour (chappelle, remises, écuries, pavillon isolé) est construite de 1769 à 1774 par des artisans locaux, vraisemblablement d’après les plans de Durand.

L’Histoire de Nicolas Durand

Architecte, né à Paris en 1739, mort à Châlon-sur-Marne le 15 février 1830. D’abord tailleur de pierre, il devint conducteur de travaux puis, recommandé à M. Rouillé d’Orfeuil, intendant de Champagne, fut nommé architecte de la ville de Châlons et dirigea la reconstruction du château de Louvois, près de Reims, pour les Dames de France, filles de Louis XV. Il devint architecte de la généralité de Champagne.

On lui doit aussi l’hôtel de ville de Langres, le théâtre de Reims, les casernes de Chaumont et l’église de Vernezay. A Châlons-sur-Marne, il dirigea les travaux de l’hôtel de l’Intendance, aujourd’hui préfecture, d’après les plans de Legendre (1759), ceux du pont de Vaux (1767), de la porte Ste-Croix (1770) et de l’église de Juvigny (1784). On lui doit aussi l’hôtel de ville de Châlons (1772) et la caserne située près de la porte St-Jacques (1784).

A la Révolution, son titre d’architecte des Dames de France faillit lui être fatal. Il n’échappa à l’emprisonnement que grâce au dévouement de ses ouvriers et se confina alors dans une profonde retraite. Après sa mort, on trouve dans ses papiers deux projets de théâtre et un ouvrage d’architecture, un parallèle des temples anciens, gothiques et modernes.